Comment la Ferme des Noisettes a économisé 100 000 DH en 5 ans grâce au solaire.

6 janv. 2026

Au Maroc, l’agriculture dépend de plus en plus de l’électricité pour le pompage de l’eau, la conservation des récoltes, l’éclairage et la sécurité des exploitations. Dans de nombreuses zones rurales, le réseau reste pourtant instable, coûteux et parfois insuffisant pour couvrir tous les besoins, ce qui pèse directement sur la rentabilité des fermes.​

La Ferme des Noisettes & Avocatiers, située près de Kénitra, illustre parfaitement cette situation : avant son passage au solaire, elle subissait des coupures fréquentes, des surtensions qui endommageraient les équipements et une dépendance au gaz et carburant qui pesait sur leur finances.

Objectifs : réduire les charges et gagner en autonomie

Face à ces contraintes, l’objectif de la ferme était double : sécuriser l’activité au quotidien et réduire durablement les charges énergétiques.​

Les priorités identifiées étaient les suivantes.

  • Assurer l’irrigation des avocatiers et noisetiers sans craindre les coupures du réseau.​

  • Maintenir une chaîne du froid fiable pour limiter les pertes de récoltes.​

  • Alimenter les bâtiments (éclairage, ventilation, petits équipements, sécurité) sans dépendre entièrement du réseau ou du gasoil.​

  • Réduire la facture globale d’énergie sur un horizon de 5 à 10 ans.​

Le contexte énergétique : pourquoi le solaire est adapté aux fermes marocaines

Le Maroc bénéficie de plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an dans de nombreuses régions agricoles, ce qui rend le solaire particulièrement pertinent pour des consommations concentrées en journée comme le pompage ou la ventilation.​

Les exploitations disposent de grandes surfaces disponibles – toits de hangars, serres, étables, terrains non cultivés – qui permettent d’installer des panneaux solaires sans contrainte majeure d’espace. Le solaire peut aussi être modulé : petite installation pour les bâtiments, champ photovoltaïque pour le pompage, système dédié pour la chaîne du froid et chauffe‑eau solaire pour l’eau chaude.​

Solutions mises en place : une stratégie solaire par usage

1. Alimentation des bâtiments agricoles

Les bâtiments de la ferme, comprenant un local habitable (maison), des hangars et des zones de travail, présentaient une consommation moyenne de 6 à 8 kWh par jour. Cette énergie était nécessaire pour l’éclairage, la ventilation, les équipements électroménagers de base, les petits outils électriques ainsi que les systèmes de surveillance.

Pour répondre à ces besoins, nous avons conçu et installé une centrale photovoltaïque de 3 kW, composée de 6 panneaux solaires Jinko de 550 W, reconnus pour leur rendement et leur fiabilité en milieu rural. L’installation est complétée par un système de batteries de stockage, dimensionné pour emmagasiner l’énergie produite en journée et la restituer le soir et la nuit, garantissant ainsi une alimentation continue du local habitable et des bâtiments, même en l’absence de soleil.

Ce projet représente un investissement global compris entre 30 000 et 35 000 DH, incluant :

  • les panneaux solaires Jinko,

  • les batteries de stockage,

  • l’onduleur, la structure de fixation,

  • ainsi que l’installation et la mise en service.

Ce système permet d’éliminer une dépense annuelle estimée entre 6 000 et 9 000 DH, correspondant soit aux factures d’électricité, soit aux coûts récurrents de carburant et de maintenance d’un groupe électrogène. Sur cette base, le retour sur investissement est estimé entre quatre et cinq ans, tout en offrant une autonomie énergétique durable et un meilleur confort d’usage au quotidien.

2. Pompage solaire pour l’irrigation

L’irrigation représentait le poste énergétique le plus critique de la ferme, notamment en raison des besoins hydriques importants d’un champ d’environ 1 hectare d’avocatiers. L’installation initiale reposait sur une pompe électrique classique de 2,2 kW, utilisée en moyenne six à sept heures par jour, soit une consommation quotidienne comprise entre 14 et 16 kWh. Sur une année, cette consommation générait une dépense estimée entre 12 000 et 15 000 DH, liée à l’électricité ou au fonctionnement d’un groupe électrogène.

Pour répondre durablement à ces besoins, nous avons conçu et déployé une solution de pompage solaire dimensionnée pour l’agriculture intensive, adaptée aux contraintes hydriques de la culture de l’avocat. Le système repose sur une pompe solaire submersible alimentée par un champ photovoltaïque d’environ 6 kW, composé de 10 à 11 panneaux solaires Jinko de 550 W. L’installation fonctionne directement en journée, sans batteries, l’irrigation étant programmée pendant les heures de fort ensoleillement afin de maximiser le rendement et de limiter les coûts.

Cette solution représente un investissement compris entre 45 000 et 55 000 DH, incluant :

  • les 10 à 11 panneaux photovoltaïques Jinko,

  • la pompe solaire submersible adaptée au débit et à la profondeur du forage,

  • le contrôleur de pompage solaire,

  • les structures, le câblage et l’installation complète.

Grâce à ce système, la facture énergétique liée à l’irrigation est pratiquement éliminée. Pour une exploitation de cette taille, l’économie annuelle se situe généralement entre 12 000 et 15 000 DH, ce qui permet un amortissement estimé entre trois et quatre ans. Sur une période de cinq ans, l’économie cumulée peut dépasser 60 000 DH, tout en garantissant une irrigation autonome, fiable et parfaitement adaptée aux besoins des avocatiers.

3. Chauffe‑eau solaire pour l’eau chaude

Les besoins en eau chaude sanitaire au sein d’une exploitation agricole sont souvent sous-estimés. Ils concernent pourtant des usages essentiels : nettoyage du matériel, hygiène du personnel, traite, petites opérations de transformation, ainsi que l’alimentation en eau chaude d’un local habitable ou d’un hébergement rural.

Pour répondre à ces besoins, nous avons installé un chauffe-eau solaire HELIA SOLAR de 300 litres, dimensionné pour couvrir la majorité des usages quotidiens de la ferme. Grâce à l’ensoleillement local, ce type d’équipement permet de couvrir entre 70 et 90 % des besoins annuels en eau chaude, tout en assurant un confort constant pour les utilisateurs.

Réalisée par Poka Yoke, cette installation représente un investissement de 17 500 DH, installation incluse. Ce montant comprend :

  • le chauffe-eau solaire HELIA SOLAR 300 L,

  • la structure de fixation, la plomberie,

  • ainsi que la pose et la mise en service.

Dans ce cas précis, le chauffe-eau solaire a permis de remplacer totalement l’utilisation du gaz pour la production d’eau chaude. L’économie générée est estimée à environ 3 000 DH par an, soit une économie cumulée d’environ 15 000 DH sur cinq ans. Le retour sur investissement est généralement compris entre deux et quatre ans, avec un entretien minimal et une durée de vie supérieure à 15 ans, ce qui en fait une solution fiable, rentable et durable pour le monde agricole.

4. Sécurité et surveillance

Pour une exploitation agricole isolée, la sécurité est un enjeu majeur, tant pour la protection des bâtiments que pour la surveillance des champs, du matériel et des zones sensibles. L’absence de raccordement électrique ou de connexion Internet classique rend souvent les solutions de surveillance traditionnelles inadaptées.

Pour répondre à cette problématique, nous avons déployé un système de vidéosurveillance autonome, basé sur deux caméras de surveillance solaire 4G de la marque Imou. Ces caméras fonctionnent sans raccordement électrique, grâce à leur alimentation solaire, et transmettent les images via le réseau 4G, ce qui permet une surveillance continue et à distance, directement depuis un smartphone.

Réalisée par Poka Yoke, cette installation représente un investissement de 3 000 DH, soit 1 500 DH par caméra. À ce coût s’ajoutent une carte SIM et un abonnement 4G, nécessaires à la transmission des données. Ces frais restent faibles et généralement négligeables à l’échelle du projet, compte tenu des volumes de données limités et des offres disponibles sur le marché marocain.

Cette solution permet d’assurer une surveillance permanente, de dissuader les intrusions et de sécuriser durablement l’exploitation, sans infrastructure lourde ni coûts énergétiques supplémentaires.

Budget global : combien coûte le solaire agricole au Maroc ?

Sur la base de cette étude de cas, voici des ordres de grandeur pour une ferme comparable :

  • Pompage solaire : 30 000 – 40 000 DH pour un système de pompage dimensionné à une pompe de 2,2 kW utilisée plusieurs heures par jour.​

  • Installation photovoltaïque pour bâtiments : 30 000 – 50 000 DH selon la puissance, la qualité du matériel et la capacité de stockage.​

  • Solutions de conservation solaire (chambre froide) : 25 000 – 60 000 DH selon la capacité et le niveau d’automatisation.​

  • Chauffe‑eau solaire : 14500– 21 000 DH pour un ballon de 200 à 300 litres.​

Ces montants doivent toujours être comparés aux charges énergétiques annuelles évitées (électricité, gasoil, gaz) et à la stabilité apportée par une production autonome, surtout dans les régions où les coupures de courant et les variations de tension sont fréquentes.​

Résultats : impact sur la rentabilité et la sécurité de la ferme

Pour la Ferme des Noisettes & Avocatiers, la combinaison de ces solutions solaires a eu plusieurs effets concrets.​

  • Diminution significative des factures énergétiques, en particulier sur le poste irrigation et eau chaude, avec des retours sur investissement allant de 2 à 5 ans selon les équipements.​

  • Réduction des pertes de récoltes grâce à une chaîne du froid stabilisée, évaluée à –25% de pertes, ce qui renforce la rentabilité globale de l’exploitation.​

  • Autonomie accrue vis-à-vis du réseau, permettant de maintenir l’activité même en cas de coupures ou de fortes variations de tension.​

Au‑delà des économies directes, la ferme a gagné en confort de gestion : planification plus sereine de l’irrigation, meilleure qualité des produits livrés, moins de pannes d’équipements et une valorisation de l’image de l’exploitation comme ferme moderne et durable.​

Poste / Usage

Investissement initial (DH)

Économie annuelle estimée (DH)

Économie cumulée sur 5 ans (DH)

ROI estimé (années)

(éclairage, ventilation)

30 000 – 35 000

6 000 – 9 000

30 000 – 45 000

4 – 5

Iirrigation

45 000 – 55 000

12 000 – 15 000

60 000 – 75 000

3 – 4

Chauffe-eau 

17 500

3 000

15 000

2 – 4

Sécurité et surveillance

3 000

négligeable

négligeable

Total  

95 500 – 110 500

21 000 – 27 000

105 000 – 135 000

3 – 5

Checklist de l'expert : 5 erreurs à éviter

  1. Négliger le nettoyage : La poussière du Gharb peut réduire le rendement de 15 % en un mois sans nettoyage.

  2. Sous-dimensionner pour le "prix" : Un système trop faible forcera sur les batteries et réduira leur durée de vie.

  3. Oublier la dureté de l'eau : À Kénitra, sans protection anti-calcaire, votre chauffe-eau est mort en 2 ans.

  4. Installer sans protection UV : Les câbles standards brûlent au soleil marocain ; exigez de l'Inox et des gaines renforcées.

  5. Ignorer les subventions : Certains projets sont éligibles au soutien de la FDA (Fonds de Développement Agricole). Le FDA, géré par le Ministère de l’Agriculture, propose une subvention pour les systèmes de pompage solaire en agriculture. Cette aide peut couvrir jusqu’à 80 % du coût total du projet, selon plusieurs critères.

Enseignements pour les agriculteurs marocains

Cette étude de cas fait ressortir plusieurs enseignements utiles pour d’autres exploitations :

  • Le solaire est particulièrement rentable lorsque les postes énergétiques sont clairement identifiés : pompage, chaîne du froid, bâtiments et eau chaude.​

  • Il est souvent pertinent de commencer par le pompage et la chaîne du froid, qui sont les plus gros leviers d’économies et de sécurisation de la production.​

  • Un mix intelligent entre photovoltaïque (électricité) et chauffe‑eau solaire (eau chaude) permet d’optimiser les investissements et de lisser les risques liés au réseau.​Passez à l’action, passez au solaire

Si vous exploitez une ferme au Maroc et que vous souhaitez réduire vos charges énergétiques tout en sécurisant votre activité, une étude personnalisée de vos besoins est fortement recommandée.​

Intéressé par un chauffe‑eau solaire pour votre ferme ? Contactez‑nous pour une analyse de votre consommation, une estimation de la puissance nécessaire et un calcul du retour sur investissement. Pour vos autres solutions solaires (pompage, photovoltaïque pour bâtiments, chambre froide, sécurité), nous vous mettons en relation avec des partenaires de confiance capables de dimensionner et d’installer des systèmes adaptés à votre exploitation.​

FAQ – Énergie solaire et agriculture au Maroc

1. Combien coûte une installation solaire pour une petite ferme au Maroc ?

Pour une petite ferme avec des besoins de base (bâtiments + pompage modéré), le budget global se situe généralement entre 60 000 et 100 000 DH. Ce montant inclut une installation photovoltaïque pour les bâtiments et un système de pompage solaire. Le coût exact dépend de la puissance nécessaire, du stockage et de la qualité des équipements choisis.

2. Le solaire est‑il rentable par rapport aux groupes électrogènes ?

Les groupes électrogènes nécessitent un investissement initial faible, mais leurs coûts récurrents (carburant, entretien, pannes) sont élevés. Le solaire, en revanche, demande un investissement initial plus important, mais les charges variables restent très faibles. Sur un horizon de 3 à 5 ans, le solaire devient souvent plus rentable, surtout pour un usage régulier comme le pompage, la réfrigération ou l’alimentation des bâtiments.

3. Faut‑il forcément des batteries pour une installation solaire agricole ?

Pas nécessairement. Pour le pompage de jour, les pompes peuvent fonctionner directement sur les panneaux photovoltaïques, ce qui réduit le coût d’investissement. Les batteries sont surtout utiles pour les usages nocturnes ou les besoins nécessitant une alimentation continue, comme l’éclairage des bâtiments, la sécurité ou certaines chambres froides.

4. Quelle est la durée de vie d’une installation solaire agricole ?

  • Les panneaux photovoltaïques ont une durée de vie de 20 à 25 ans.

  • Les chauffe-eau solaires (CES) bien entretenus peuvent dépasser 15 ans.

  • Les batteries, lorsqu’elles sont présentes, ont une durée de vie plus courte (5 à 10 ans) et doivent être intégrées dans le calcul de rentabilité.


5. Pourquoi coupler panneaux photovoltaïques et chauffe-eau solaire (CES) dès l’installation ?

Coupler dès le départ l’installation de panneaux solaires et d’un CES permet d’économiser sur les frais de travaux, car l’infrastructure (toiture, supports, raccordements) est utilisée en même temps. Cela garantit également un confort immédiat en eau chaude pour la ferme, sans avoir à prévoir une installation séparée plus tard. Des solutions comme celles proposées par HELIA SOLAR facilitent cette intégration et optimisent le rendement global de l’installation.

6. Par où commencer pour passer une ferme au solaire ?

La première étape consiste à réaliser un audit énergétique simple : identifier les plus gros postes de consommation (pompage, froid, bâtiments, eau chaude), estimer les kWh journaliers et mensuels, puis prioriser les usages avec le plus grand impact économique et opérationnel. À partir de là, il est possible de dimensionner un projet solaire progressif, en commençant par les solutions à plus fort retour sur investissement.​



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Mag N2, Al Irchad Extension, Lot N 128, Kénitra 14000, Morocco

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